Les soudeurs présentent un risque accru de cancer du poumon de 25 % à 40 %

02-07-2024
Les soudeurs présentent un risque accru de cancer du poumon de 25 % à 40 %

Les fumées et gaz de soudage sont classés au niveau international comme cancérogènes de groupe 1 pour l’homme. Ils sont donc considérés comme une cause avérée de cancer chez l’homme (source : ECHA, Agence européenne des produits chimiques). Il est donc extrêmement important d’éviter que les employés n’inhalent ces fumées. Nous vous donnons volontiers quelques conseils pour qu’ils restent bien protégés et en bonne santé.

Stratégie d’hygiène du travail

Les responsables sécurité et santé au travail connaissent la stratégie d’hygiène du travail. Cette stratégie comporte quatre niveaux de mesures visant à garantir que les tâches soient effectuées de la manière la plus sûre et la plus saine possible. Nous suivons cette stratégie et vous montrons comment elle se traduit concrètement dans les travaux de soudage produisant des fumées nocives.


Niveau 1 : Ne pas souder du tout alors ?

Le premier niveau semble logique. Si possible, évitez d’effectuer ces travaux ou choisissez un procédé alternatif présentant moins de risques pour la santé. Mais dans le cas du soudage, ce n’est pas si simple : seuls certains cas spécifiques permettent d’utiliser d’autres procédés comme solution. Coller des métaux peut être une bonne alternative si cela permet d’atteindre le même objectif, mais seulement si cela génère moins de fumées nocives pendant la durée d’exposition. Assembler des pièces métalliques avec des fixations comme des boulons est bien sûr la meilleure solution, mais ce n’est pas toujours possible d’un point de vue structurel.

Niveau 2 : Éloigner les travaux de soudage des personnes

Si les mesures du premier niveau ne sont pas possibles, il faut alors essayer d’éloigner le risque des personnes. Par exemple, en faisant effectuer les travaux de soudage dans un espace fermé par un robot de soudage. Un robot convient parfaitement aux travaux en grande série. Mais pour les petites séries, le travail sur mesure ou les réparations, on doit encore compter sur le travail manuel. De plus, l’investissement dans un robot peut être si important que le soudage ne soit plus rentable comme activité pour l’entreprise.

Niveau 3 : Réduire l’exposition

C’est à ce niveau que de nombreuses entreprises peuvent prendre des mesures, souvent aussi pour des raisons économiques. Un exemple bien connu est l’installation d’un système d’extraction des fumées de soudage. Celui-ci permet d’aspirer les fumées à proximité du poste de travail, réduisant ainsi la concentration de substances toxiques. Toutefois, une telle mesure a aussi ses limites. Il est en effet impossible de déterminer précisément à quel point la concentration de substances toxiques diminue avec un système d’extraction. Si l’extraction n’est pas bien positionnée au-dessus de la zone de travail, le soudeur peut avoir l’impression d’être bien protégé alors que les fumées sont mal évacuées. L’extraction ne garantit donc pas toujours une sécurité totale, mais elle constitue un bon outil pour limiter les risques d’inhalation de fumées de soudage.

Niveau 4 : Équipements de protection individuelle (EPI)

Si tous les niveaux précédents ont été franchis, on en vient alors aux équipements de protection individuelle. Les solutions de protection respiratoire pour le soudage varient d’un demi-masque avec filtres, porté sous une cagoule de soudage, à un système complet soufflant de l’air propre dans la cagoule. Un tel système à adduction d’air offre la protection la plus optimale. Mais là aussi, il existe différentes variantes selon le modèle et la performance.


Le demi-masque

L’utilisation d’un demi-masque avec des filtres P3 et A1 est une bonne solution en cas de soudage occasionnel. Il existe également des masques jetables contenant du charbon actif intégré au matériau filtrant. Bien que ces masques jetables répondent à certaines normes, ils n’offrent qu’un minimum de fiabilité et de protection. Cela s’explique notamment par le fait qu’ils assurent souvent une étanchéité médiocre au niveau du visage. D’autant plus qu’il est relativement facile d’utiliser ce type de masque de manière incorrecte.

La cagoule de soudage avec système à adduction d’air

L’air est soufflé soit via une unité motorisée avec cartouches filtrantes, soit indépendamment via le système d’air comprimé de l’entreprise, auquel est raccordée une unité de filtration purifiant l’air comprimé en air respirable propre. Dans un système indépendant, plusieurs utilisateurs peuvent parfois être connectés à une même unité de filtration. Le système dépendant offre plus de liberté de mouvement, tandis que le système indépendant nécessite moins d’entretien. Les systèmes indépendants sont souvent utilisés lorsque les travaux de soudage ont lieu principalement à un poste fixe et qu’une capacité d’air comprimé suffisante est disponible.

Pour les soudeurs portant une barbe, un système à adduction d’air est la seule solution fiable.
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« À tout malheur, bon cœur »

L’air soufflé par une unité motorisée a une température presque identique à celle de l’environnement immédiat. Ce n’est pas le cas pour un système d’air comprimé. Les compresseurs prélèvent souvent l’air comprimé à l’extérieur du bâtiment. En hiver, cet air peut être très froid et sec, surtout lorsqu’il est conditionné (notamment séché), comme c’est le cas dans la plupart des entreprises. Mais à tout malheur, bon cœur. Lors des étés désormais chauds, cela offre un agréable système de climatisation personnel rafraîchissant. Cela permet notamment aux soudeurs de garder la tête froide, même par fortes températures, et de travailler confortablement. 

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