Masques jetables : ce qu’on ne vous a pas dit, mais que vous devez absolument savoir
Travailler en toute sécurité avec des équipements plus durables. C’est la voie que les employeurs et les employés ont empruntée. Pourtant, malgré cette volonté, la réalité est souvent différente. Il suffit de voir à quelle fréquence les masques jetables sont encore utilisés. Un EPI loin d’être durable, avec une réputation discutable en matière de fiabilité et de protection réelle.
Idées reçues
Il y a quelques années, le cabinet d’études RPD Forst & Sullivan a mené une enquête sur la répartition du marché des différents types de protections respiratoires. Il en ressort qu’en Europe de l’Ouest, pas moins de 37 % du chiffre d’affaires dans ce secteur provient des masques jetables. Les équipements durables, comme les demi-masques et les masques complets avec cartouches filtrantes, ne représentent qu’environ 21 % du chiffre d’affaires. Cette situation n’a guère changé, notamment en raison du Covid-19. Il semble même que la part des masques jetables ait encore augmenté. Cela s’explique en partie par des idées reçues sur les masques durables et les masques jetables.
Expirer demande de l’effort
Le corps humain possède des muscles permettant d’augmenter le volume du diaphragme et de la cage thoracique, ce qui permet d’inspirer de l’air. En relâchant ces muscles, le volume des poumons diminue, ce qui permet d’expirer. Contrairement à l’inspiration, l’expiration ne nécessite normalement aucun effort musculaire. Mais si la résistance à l’expiration augmente, il faut alors utiliser ses muscles pour expulser l’air — comme lorsqu’on gonfle un ballon. L’être humain n’est pas entraîné à utiliser ses muscles pour expirer, ce qui devient rapidement fatigant. C’est pourquoi il est essentiel qu’un masque présente une résistance à l’expiration aussi faible que possible. Cela peut, par exemple, être obtenu en utilisant de grandes valves d’expiration.
Fuites au niveau du visage
Une bonne étanchéité au niveau du visage est cruciale. Si le masque ne s’adapte pas correctement, de l’air contaminé peut être inhalé malgré tout. Comparé aux masques jetables, un demi-masque ou masque complet réutilisable offre toujours une meilleure étanchéité, surtout s’il est fabriqué en silicone souple. Toutefois, il est essentiel que les utilisateurs soient correctement formés à l’utilisation et à l’entretien de ce type d’équipement. Par exemple, pour garantir une bonne étanchéité avec un masque bien ajusté, il faut commencer le travail fraîchement rasé. La barbe est donc à proscrire. Même un simple chaume peut provoquer des fuites. Il est d’ailleurs surprenant de voir que certains masques jetables comportent des "coussins de confort" au niveau du joint facial : leur structure augmente en réalité le risque de fuite.
Filtre électrostatique vs. filtre mécanique
Les filtres utilisés dans les équipements de protection respiratoire ne possèdent pas tous les mêmes propriétés. Le matériau du filtre est déterminant. Deux types de matériaux sont couramment utilisés : les filtres électrostatiques et les filtres mécaniques.
Filtres électrostatiques
Les masques jetables sont presque toujours fabriqués à partir de matériau filtrant électrostatique. La charge statique attire les particules et les retient, un peu comme un porte-trombones magnétique. Mais plus il y a de trombones sur le support, moins il en attire de nouveaux. Il en va de même pour les masques jetables. À chaque particule capturée, l’efficacité de filtration diminue, ce qui signifie qu’un nombre croissant de particules passent inaperçues. Température et humidité élevées aggravent encore ce phénomène. Un masque jetable de classe FFP1 « fuit » le plus, tandis qu’un FFP3 offre la meilleure protection.
Filtres mécaniques
Les masques réutilisables sont souvent équipés de filtres mécaniques remplaçables. Un filtre mécanique fonctionne comme un tamis de cuisine : les trombones ne peuvent pas passer à travers. Même si de plus en plus de particules s’accumulent, le tamis continue à faire son travail. Mieux encore, plus le filtre est saturé, plus son efficacité augmente. Il existe des filtres mécaniques dont l’efficacité atteint 99,997 %, bien au-delà de l’exigence minimale de la norme qui fixe la barre à 99,95 %.
Pourquoi utiliser encore des masques jetables ?
La réponse est simple : un masque jetable est conçu pour un usage occasionnel, à condition que le niveau d’exposition le permette. Si vous devez poncer une planche ou découper un carrelage pendant cinq minutes, l’achat d’un demi-masque réutilisable peut sembler disproportionné. Mais dès que l’usage devient plus fréquent, on ne parle plus d’utilisation occasionnelle. Et si c’est encore le coût qui vous freine, soyez rassuré : le durable est bel et bien plus économique sur le long terme !
Le durable est plus économique et génère bien moins de déchets
Un bon masque durable peut, surtout en cas d’utilisation quotidienne, permettre d’économiser plusieurs centaines d’euros par an par rapport aux masques jetables. Si plusieurs collaborateurs utilisent une protection respiratoire, les économies peuvent s’élever à plusieurs milliers d’euros par an. De plus, un masque réutilisable offre une meilleure sécurité et génère bien moins de déchets. Les masques jetables doivent être traités comme des déchets chimiques, ce qui alourdit encore le coût de traitement des déchets.
Les 6 faits les plus importants résumés
Voici les 6 faits les plus importants concernant les masques jetables :
- Un masque jetable offre une résistance à l’inspiration et à l’expiration plus élevée qu’un masque durable bien choisi.
- Un masque jetable s’adapte moins bien au visage qu’un masque durable bien ajusté.
- Un masque jetable laisse passer des particules nocives, tandis qu’un bon masque durable avec filtre mécanique offre une réelle sécurité.
- L’utilisation de masques jetables revient souvent plus cher qu’un masque durable.
- Un masque durable bien choisi offre une bien meilleure protection qu’un masque jetable.
- Un masque durable bien choisi est souvent plus confortable qu’un masque jetable.
Conseil de nos experts
Un dernier conseil de nos experts en protection respiratoire :